« La Tunisie montre l’exemple au monde arabe »

Samedi après-midi, les tunisiens de Montréal étaient près de 1500 à braver la neige et le froid pour célébrer au centre-ville de Montréal, le départ de l’ex-président tunisien en fuite, Ben Ali, et rendre hommage aux victimes des manifestations. Ils espèrent que la révolution de Jasmin laissera place à une révolution tranquille qui gagnera les autres pays du Maghreb et tout le monde arabe.

« C’est plus fort que l’indépendance »
« Il a dit 2014, on a dit le 14 ! » C’est avec ce slogan que les manifestants ont entamé leur marche qui devait les mener jusqu’au consulat de Tunisie, rue de l’Université. Aux jeunes et aux étudiants s’étaient jointes pour la première fois depuis le début des manifestations, des familles installées au Québec depuis longtemps. Elles ont tenu à saluer la cyber-révolution réussie par la jeunesse, et ont déclaré ce jour comme l’un des plus importants de leur vie. « C’est une 2ème indépendance ! » lance Samira, une jeune mère de famille poussant un bambin dans une poussette. « C’est plus fort que l’indépendance de 1956, c’est un jour inoubliable, il fallait qu’on soit là ! » ajoute son amie Sonia.
Des organismes et partis politiques québécois s’étaient joints au cortège du Collectif de solidarité avec les luttes du peuple tunisien : Amnesty International, la FTQ, la CSN, Jean Dorion pour le Bloc Québécois et Québec Solidaire; sa porte-parole Françoise David a salué « le peuple tunisien qui nous montre la voie vers la liberté et la justice ». Tous ont rendu hommage à Mohamed Bouazizi qui s’est immolé par le feu il y a un mois, déclenchant les manifestations à l’origine du renversement du régime tunisien.

« C’est un élan démocratique dans toute la Mediterranée »
Des drapeaux algériens s’étaient mêlés aux drapeaux tunisiens. Les manifestants arboraient des pancartes réclamant « liberté et justice dans le monde arabe » ou « Ben Ali dégage et prend Boutef avec toi », faisant allusion au président algérien Bouteflica. « C’est un élan démocratique dans toute la Méditerranée, dans toute l’Afrique » dit Abdallah, restaurateur algérien à Montréal. « La Tunisie montre l’exemple au monde arabe » renchérit Samira, étudiante à l’UQAM. « En Egypte, en Jordanie, on brandit des drapeaux tunisiens dans les rues, aujourd’hui ce n’est que le début » ajoute-elle.
Claudine, qui faisait des emplettes rue Sainte-Catherine, observe et avoue avoir découvert les problèmes de la Tunisie récemment, mais dit partager sa joie, car « c’est une victoire pour la liberté ».
Tous les manifestants s’accordent pour dire que le départ du président Ben Ali, n’est qu’un premier pas vers la démocratie; ils restent vigilants et ne veulent l’organisation d’élections que lorsque toutes les structures de l’État seront « nettoyées » du régime Ben Ali. C’est pour eux, la seule garantie d’élections libres qui impliqueront l’ensemble de la société tunisienne.
Alors que les premières manifestations n’avaient rassemblé qu’une poignée de personnes, les organisateurs se réjouissaient de la réussite de cette septième manifestation largement relayée par facebook. La joie avait enfin remplacé la peur.

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Présenté en janvier 2011 à Pierre Cayouette dans le cadre du cours « Presse Écrite 1 » de l’université de Montréal

Crédit photo : Julie Delvaux

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