Le titre de journaliste professionnel ? « Un outil de revendication professionnelle et non salariale » prévient Brian Myles

Les membres de la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec) étaient invités à se prononcer sur la création d’un titre de journaliste professionnel début avril. A l’heure où nous mettons sous presse, le résultat de cette consultation par internet n’est pas connu.

Lors des débats qui ont précédé fin mars, le président de la FPJQ, Brian Myles, a défendu cette proposition-phare du rapport Payette et l’a qualifiée de « pas de plus sur le chemin de la professionnalisation » du métier de journaliste.  Le président a posé les limites en précisant qu’il « ne veut pas d’un ordre professionnel » car, au nom de la liberté d’expression, chaque citoyen doit pouvoir s’improviser journaliste. Un ordre professionnel mettrait fin à cette liberté.

Titre contre déontologie

La FPJQ pose comme préambule que l’État n’a pas à s’ingérer dans la définition du journaliste professionnel, et elle se reconnait comme le seul organisme habilité à délivrer ce titre. « C’est au milieu (journalistique) que ce débat appartient! » ajoute Brian Myles. Un Comité du titre serait créé sous l’égide de la FPJQ pour l’octroi du précieux sésame.

En échange d’un titre professionnel reconnu, le journaliste s’engage à évoluer dans « le respect de balises déontologiques communes » et à reconnaître l’autorité du Conseil de presse. Le titre pourrait améliorer la position des journalistes face aux pressions externes et internes, améliorer la garantie de protection des sources et faciliter l’accès à l’information, comme le suggère le rapport Payette (1).

A ceux qui craignent la dérive vers un système à deux vitesses (le journaliste professionnel bien payé, et les autres) ou du corporatisme, Brian Myles répond qu’il préfère la « cohabitation »  de deux modèles. Il ajoute que la FPJQ ne s’est jamais mêlée des rémunérations et qu’elle ne va pas établir de grilles salariales demain.

L’AJIQ dit « oui au statut professionnel »

De son côté, l’AJIQ (Association des journalistes indépendants du Québec) y voit un bénéfice pour les journalistes indépendants et « un pas important dans l’obtention du droit à la négociation collective pour les journalistes indépendants ».

Les étudiants finissants en journalisme se verraient octroyer le titre de « journaliste professionnel » s’ils n’exercent pas d’activités incompatibles et si leur volonté et leurs efforts sont entièrement tournés vers le métier.

« La ministre Saint-Pierre ne veut pas que le rapport Payette finisse sur une tablette, elle veut y donner une suite » précise confiant, le président de la FPJQ.

Dominique Payette, universitaire et journaliste, avait été chargé par Christine Saint-Pierre, ministre de la culture, des communications et de la condition féminine, d’établir un état des lieux sur le journalisme et l’avenir de l’information au  Québec, et de soumettre des propositions. Elle a déposé son rapport auprès du ministre le 26 janvier 2011. La reconnaissance d’un titre de journaliste professionnel est un des axes essentiels du groupe de travail qu’elle a animé.

La FPJQ avait devancé cette proposition lors de son dernier congrès en novembre 2010, et avait reçu mandat de ses membres d’élaborer un projet de reconnaissance légale du titre de journaliste professionnel.

Consultez le rapport Payette à l’adresse suivante : http://www.etatdelinfo.qc.ca/

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 Publié en avril 2011 par Le Reporter, magazine de l’Université de Montréal

Illustration : Trente, le magazine de la FPJQ

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