Église du Très-Saint-Nom-de-Jésus: urgence en la demeure !

« Résolument optimiste ! » C’est l’état d’esprit affiché par Robert Cadotte, président du comité de sauvegarde de  l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus dans  quartier Hochelaga-Maisonneuve. L’église tombe en ruines, mais les citoyens du quartier refusent de voir disparaître sous les bulldozers ce joyau architectural du début du siècle dernier et ses deux orgues Casavant.

L’étude de faisabilité pour réhabiliter le bâtiment, commandée par le comité de citoyens et rendue publique le 5 avril, est sur le bureau du ministère de la Culture à Québec. Elle pourrait aboutir à la restauration de l’église et à la création de La Place de l’orgue, centre à vocation culturelle. Le projet est « actuellement à l’étude et suit son processus normal » nous dit-on au ministère.

Robert Cadotte veut aller vite, eu égard aux frais exorbitants pour maintenir en état le bâtiment et les grandes orgues. « Il y a urgence, la réponse est absolument nécessaire pour le mois de juin maximum » précise-t-il. D’ailleurs, les discussions avec la ministre St-Pierre pourraient s’avérer décisives pour le développement du projet avec les différents intervenants. En octobre dernier, elle avait exigé un engagement de partenaires publics et privés avant de considérer ce projet de plus de six millions de dollars.

L’étude de faisabilité, préparée par la firme Art Expert, prévoit un financement assuré à 75% par des fonds publics (ville de Montréal, gouvernements provincial et fédéral, arrondissement Mercier – Hochelaga-Maisonneuve) et 25% par des fonds privés, dont la Commission de la Construction du Québec (CCQ). Elle prévoit aussi que la paroisse cède  l’église pour un dollar.

Ombre au tableau du côté de la CCQ, on a manifesté un « certain intérêt, mais aucun engagement ». La commission précise qu’elle ne porte aucun jugement sur la nécessité ou non de restaurer l’église, et que son intérêt reste strictement professionnel. En effet, elle est à la recherche d’édifices patrimoniaux à restaurer, dans le cadre de ses cours de perfectionnement destinés aux salariés de la construction, notamment pour les briqueteurs-maçons et la restauration de la pierre. Le porte-parole de la CCQ, André Martin, affirme  que la commission ne pourra en aucun cas intervenir sur l’ensemble de la restauration de l’église, qui implique l’intervention de plusieurs corps de métier sur la structure, la charpente et la mécanique (chauffage, électricité, plomberie, etc.).

La CCQ indique qu’elle a eu des « discussions informelles » avec le comité de sauvegarde et elle s’engagera dans la mise sur pied d’un dossier de formation seulement lorsque le financement nécessaire à la restauration sera assuré.

Selon la firme Art Expert, l’utilisation de travailleurs de la construction en perfectionnement permettrait d’économiser 900 000$  en coûts de main-d’œuvre.

La décision des autorités ministérielles sera donc cruciale dans ce dossier. Les coûts d’entretien du bâtiment, de 100 000$ par année, sont actuellement assurés par l’archevêché de Montréal.

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Publié sur le site d’informations locales Open File Montréal en avril 2011

lien vers OpenFile Montreal

Crédit photo : Nathalie Simon

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