Loic Noisette, le danseur rebelle du Cirque du Soleil

À 8 ans, Loic Noisette rêvait d’être danseur étoile à l’Opéra de Paris. C’est finalement la danse contemporaine qu’il embrasse et les Etats-Unis qui l’accueillent. A 34 ans, après Las Vegas et New-York, il est prêt à relever un nouveau défi à Los Angeles, avec le spectacle « Iris » du Cirque du Soleil. Et pourtant, ses rêves d’adulte sont ailleurs.

Piercing imposant vissé dans l’oreille, Loic cultive son côté danseur « rebelle ». Son visage d’enfant tout en finesse contraste avec sa tenue de « break dancer » américain. Adolescent, il cultivait cette passion avec ses « potes de banlieue parisienne » comme il le rappelle avec affection. Mais sans rien leur dire, il allait s’entrainer quatre fois par semaine pour entrer à l’Opéra de Paris.

« J’ai fait une dépression à 12 ans lorsque j’ai été renvoyé de l’Opéra pour indiscipline ». La blessure est encore vive, Loic hésite, puis confesse que son rêve d’enfant brisé lui a ouvert le monde de la danse contemporaine. Il ne voulait pas faire de « danse préhistorique », mais il a vite compris ce qui l’animait : bouger, interpréter, être un acteur, au delà de la technique.

Son œil pétille quand il évoque cette rencontre déterminante avec Angelin Preljocaj, le maître de la danse contemporaine en France. Il fait le tour du monde. « J’avais 18 ans, j’étais le plus jeune» ajoute-t-il avec un soupçon de fierté.

Sa vie n’est que contrastes. Il passe son baccalauréat par défi, lorsqu’il est au Conservatoire, « pour rester dans la vraie vie ». Il rêve d’être journaliste, et se retrouve à  Las Vegas, danseur sur le spectacle de Céline Dion,  A New Day. « À la suite d’un pari avec mes amis ! » précise-t-il, comme pour s’en défendre. Le danseur rebelle mène enfin une vie tranquille dans la capitale du jeux, avec la danseuse et chorégraphe Julie Bour, et Liam, leur petit garçon né à Las Vegas. Car sa vie professionnelle et amoureuse s’entremêle. À 10 ans il allait aux cours de danse car il aimait déjà beaucoup les filles. Il rencontre Julie au Conservatoire, mais la quitte pour une éphémère danseuse italienne. Pourtant c’est avec Julie qu’il veut « vivre Las Vegas ».
Loic est généreux avec ses amis de banlieue, souvent présents au bord de sa piscine « pour leur donner un peu de ce qu’ils n’auront jamais ». Il leur concocte fondues savoyardes et raclettes, parce qu’il adore ça, et que ça « respire la France » dans cette contrée tellement américaine. « Je m’entrainais un peu plus le lendemain » soupire-t-il.

La France ? Il y pense parfois et voudrait bien y voir grandir son fils américain, qui mélange les deux langues avec un délicieux accent. Il voudrait secrètement y réaliser son rêve d’adulte, pour assouvir sa curiosité du monde et sa passion pour l’écriture : être journaliste.

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Présenté en mai 2011 à Blanche Wissen dans le cadre du cours « Presse Écrite 2 » de l’université de Montréal

Compagnie Julie Bour

Organisation The Flying Mammoth

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