Une vie de chien à Hochelaga-Maisonneuve

10 000. C’est le nombre de chiens que compterait l’arrondissement d’Hochelaga-Maisonneuve. Cette nombreuse population canine apprécie les parcs de Montréal, surtout en période estivale. Pour assurer une cohabitation sereine entre l’homme et l’animal, l’arrondissement s’est doté d’une patrouille canine et d’un petit véhicule Smart que les enfants adorent.

publié par Open File Montreal

« Toutou macoutes » aux dires de certains, amoureux des chiens pour les autres, les patrouilleurs tentent de faire respecter la règlementation en douceur.

Gilbert Trahan est un passionné. Il a délaissé son poste de directeur pour embrasser le métier de patrouilleur de la brigade canine d’Hochelaga-Maisonneuve. Sa passion : les chiens. Il les observe, les admire, les décode, mais surtout les aime. Il a étudié plusieurs années pour obtenir un diplôme d’éducateur canin, et a passé deux ans à la société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA). Aux maîtres récalcitrants qui l’accusent de détester les chiens, il rétorque qu’il est là pour faire respecter la règlementation : « À chacun sa méthode, moi je préfère la collaboration à la coercition. »

Collaboration plutôt que répression

Depuis 2002, date de création de la nouvelle ville de Montréal, chaque arrondissement gère sa propre réglementation sur les chiens. Hochelaga-Maisonneuve joue la carte de la visibilité et de la collaboration. Une Smart, délicieusement décorée aux couleurs de la brigade canine, et trois patrouilleurs sillonnent les 86 parcs et espaces verts de l’arrondissement. Ce petit véhicule se faufile partout, dans les chemins ou sur les pistes cyclables, pour surprendre les contrevenants. Mais Gilbert insiste : « le plus souvent, lorsque nous émettons un avis d’infraction, l’objectif est de corriger la situation. ». Le chien doit être tenu en laisse dans la rue ou dans un parc. Il doit porter la licence de l’année et ses excréments doivent être ramassés et portés dans une poubelle. Les chiffres confirment ses dires : 77 constats ont été émis depuis le début de l’année, mais trois à quatre fois plus d’avis s’entassent sur le bureau de la patrouille. Les avis et plaintes sont méthodiquement saisis dans une base de données. Les récidivistes s’exposent à des constats d’infraction et des amendes de 118 à 146$. Comme les infractions, les constats s’additionnent. « A quoi bon ? », reprend Gilbert, « si le citoyen comprend que la règlementation existe pour protéger le chien et le citoyen, c’est gagné. Un chien perdu sans licence, est envoyé au Berger Blanc ou à la SPCA. Il est tellement plus facile d’identifier son propriétaire immédiatement s’il possède une licence. »

Actuellement, l’arrondissement a enregistré 2 000 licences, mais Gilbert Trahan évalue à cinq fois plus le nombre de chiens, sans compter les chats. La patrouille reçoit les plaintes des citoyens, et doit parfois intervenir à domicile. Récemment, un appartement abritait 13 chats, alors que l’arrondissement autorise deux chiens et trois chats. « Dans ce cas, on s’entend avec le propriétaire sur un délai pour régulariser » précise Gilbert.

Une campagne de sensibilisation fructueuse

Cet été, une campagne de sensibilisation a été menée à la Promenade Bellerive. Bon nombre de chiens détachés couraient dans le parc, et importunaient les promeneurs. A force de constats, d’avis et de sensibilisation, les citoyens ont remarqué un changement de comportement. À bord de sa Smart, Gilbert est interpellé par les maitres d’un magnifique chien d’eau portugais, et félicité pour cette quiétude retrouvée. Durant le mois d’août, la Société d’animation de la Promenade Bellerive a participé à la campagne de sensibilisation, en organisant un concours pour récompenser les maitres respectant la règlementation.

La patrouille ne fait toutefois pas l’unanimité. Des propriétaires récalcitrants refusent de se plier aux règlements en vigueur, et traitent Gilbert de « toutou macoute ». L’un d’eux estime que l’arrondissement choisit mal ses priorités, et « ferait mieux de réparer les nids de poule au lieu d’empêcher les chiens de courir dans les parcs ». Cet avis est partagé par d’autres propriétaires qui considèrent à l’inverse que la brigade canine n’est pas assez présente dans les parcs. « Je ne l’ai vue que deux fois cet été, et ma chienne s’est fait importuner quatre fois par des chiens en liberté », se lamente la propriétaire de Charlotte.

Pourtant, la patrouille intervient en cas de morsures entre chiens, ou de chien à humain. Un rapport de police est établi, mais la patrouille mène son enquête, analyse le dossier en fonction des risques et préconise une solution. « En fonction de la dangerosité, on peut aller jusqu’à l’euthanasie pour un chien qui mort régulièrement », précise Gilbert, un brin fataliste. Seulement 10% des chiens mordraient régulièrement. Près d’une centaine de morsures sont recensées chaque année à Montréal.

Une dernière fois, le « toutou macoute » s’efface devant l’amoureux des animaux : « Un chien est gardé en moyenne un an et sept mois. C’est devenu un objet jetable. J’en vois tellement qui ont des chiens qui ne leur conviennent pas. Un chien demande beaucoup de temps et d’engagement. », conclut Gilbert.

Informations utiles :

– Votre chien doit porter une médaille, valide du 1er janvier au 31 décembre. Elle coûte entre 25 et 35$ selon l’arrondissement, et reste valable pour l’ensemble du territoire de Montréal (bureaux Accès Montréal, Éco-quartiers, boutique d’animaux, cliniques vétérinaires, Berger Blanc ou SPCA)

– Votre chien doit être tenu en laisse, d’une longueur maximale de deux mètres, dans la rue, dans les parcs, ou sur tout terrain non clôturé (à l’exception des cinq parcs à chiens de la ville)

– Les crottes doivent être ramassées à l’aide d’un sac (qui peut vous être demandé par la Brigade canine pour vérification), et jetées dans une poubelle

– Les chiens ne peuvent se baigner ou boire dans un bassin, un lac ou un étang de la ville, ni boire à une fontaine. Néanmoins, la baignade dans le fleuve à la Promenade Bellerive est tolérée pourvu que le chien soit tenu en laisse lorsqu’il rejoint la rive.

– Chaque infraction au Règlement sur le contrôle des chiens et autres animaux (C-10) peut entrainer une amende de 100 à 300$.

– Tout citoyen qui a perdu ou trouvé un chien, ou qui désire porter plainte pour des nuisances causées par des chiens, peut composer le 311.

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Crédit photo : Nathalie Simon

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