Les graffeurs, ces artistes de la rue méconnus

Art urbain éphémère pour les uns, dégradation pour les autres, le graffiti fleurit un peu partout en ville. En multipliant les projets, la Ville de Montréal tente de contenir ces graffeurs qui revendiquent avant tout une liberté d’expression. Le viaduc Rouen (Rouen – l’Espérance), l’un des seuls endroits où le graffiti est autorisé à Montréal, est leur point de rendez-vous. Il change de décor chaque semaine, au gré de leur inspiration.

Incursion au sein de la jeune scène des graffeurs montréalais.

Publié sur Open File Montreal

« Nos armes sont des bombes de peintures »

Sous son pseudonyme d’artiste, Fluke, qui peint les murs de la ville depuis 15 ans, a fini par faire de sa passion un métier. Il est consultant en art urbain, et propriétaire d’A’ Shop, un collectif qui représente des artistes en graffiti. Il reste un militant avant tout : « Le graffiti est une bonne façon de reprendre le terrain urbain et de s’approprier l’espace public. Cette liberté est notre arme politique ».

L’art du graffiti est vaste, mais Fluke revendique aussi le graffiti qui déborde de l’espace autorisé, au nom de la liberté d’expression : « Nous ne sommes pas des criminels ou des gens violents, nos armes sont des bombes de peinture.»

Après des études en art visuel, Ensor est aujourd’hui infographiste. Chaque été, il dépense un bon millier de dollars en bombes de peinture pour exercer son art sous le viaduc Rouen : « Je ne fais pas des barbouilles, je suis un artiste contemporain ».

Informaticien la semaine, Yeuz aime dessiner des lettres sur un mur la fin de semaine. Graffeur depuis toujours, il ne se considère pas comme un artiste, tout au plus comme un acteur de la jeune scène montréalaise. La tendance du moment est aux superpositions, aux lettres cachées par des effets de mouvement. Yeuz s’approprie un mur, dessine des lettres d’un côté tandis que son partenaire artistique dessine à l’autre bout. Ils se retrouvent au milieu et mélangent leur art.

Mais un art si éphémère… Le mur se prête régulièrement à des artistes différents. « On s’efface tous, c’est le jeu » précise Koni Tchoua avant d’ajouter : « Une belle pièce reste toujours plus longtemps. »
Graphiste et artiste multi-supports, Koni ne se définit pas comme un artiste mais comme « quelqu’un qui essaie de mettre un peu de couleurs dans la vie des gens. »

La scène montréalaise est jeune comparée à celle de New-York. Elle date des années 90 tout au plus. D’après Fluke, on compterait un millier de graffeurs à Montréal. Et pourtant, le nombre de murs légaux tend à diminuer. D’une vingtaine il y a dix ans, ils seraient passés à quelques-uns seulement aujourd’hui pour toute la ville.

« Murales » officielles contre graffitis sauvages

« La Ville veut abolir ce virus qu’est le graffiti, elle soutient quelques projets pour éviter les graffitis ailleurs », regrette Fluke (Projets du Plateau-Mont-Royal). A l’arrondissement Ville-Marie, on ne cache pas l’objectif de propreté de la Ville, dans le cadre du programme Opération Montréal.net. Les graffitis disparaissent avec les travaux d’embellissement, au profit de « murales » plus apprivoisées. Réalisées en partenariat entre la Ville et des associations, elles mettent de la couleur dans le gris des rues pour exclure le graffiti incontrôlé.L’association MU, qui a notamment réalisé les fresques des habitations Jeanne-Mance, se défend de faire du graffiti, même si 10% de ses artistes sont d’anciens graffeurs. « Nos artistes travaillent à la peinture et au pinceau, et nos projets comportent un objectif de développement social, qui n’a rien à voir avec les graffeurs de la rue ! » précise Elisabeth-Ann Doyle, initiatrice de l’association MU.

Fluke admet que le graffiti incontrôlé fait peur, et il connait l’hostilité des citoyens, mais il prévient : « le graffeur a besoin de se faire entendre d’une façon visuelle. Le vandalisme naît de l’absence d’espace. »

Liens utiles :

Mairie Hochelaga-Maisonneuve
http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=95,248205&_dad=portal&_s…

Campagne « Y’a quelqu’un l’aut’bord du mur »
http://www.info-yqq.com/

Plateau Mont-Royal, historique et portraits des graffeurs, enlèvement de graffitis
http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=7297,74263580&_dad=porta…

Site du SPVM
http://www.spvm.qc.ca/fr/jeunesse/ado-Graffitis.asp

Café Graffiti
http://www.cafegraffiti.net/

 

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Crédits photo : Nathalie Simon

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