Transfert en cours …

ÉDITORIAL
Publié dans Le Reporter (novembre 2011)

Autrefois, les choses étaient simples. L’aîné héritait des terres, le cadet allait étudier au séminaire et le benjamin s’engageait dans l’armée du Roi. Le transfert générationnel était économique, il assurait la survie de la lignée.

Au XXe siècle, l’explosion des communications a complexifié et accéléré le monde : de bipolaire, il est devenu multipolaire. Le XXIe siècle est en train de créer les outils technologiques pour tenter de le gérer.

Le transfert générationnel s’est mu en échange intergénérationnel. Nos parents nous lèguent non plus des terres, mais des valeurs de liberté, d’égalité et de démocratie que la jeune génération diffuse à travers le monde grâce aux nouvelles technologies. En échange, nos parents ont appris qu’une souris n’est pas forcément un rongeur, qu’un tweet est un message de 140 caractères, et Facebook un moyen pratique d’écrire plusieurs dizaines de lettres en une seule fois.

Notre monde journalistique n’échappe pas à cette révolution technologique. La recherche d’informations et la diffusion de nouvelles sont bouleversées, devenant d’une facilité déconcertante. Chacun peut devenir acteur de sa communauté et s’intégrer dans son processus informatif. Le journalisme citoyen est né. De nouveaux métiers apparaissent, de nouvelles façons de faire du journalisme se dessinent; le lecteur devient actif. L’écriture change; son immédiateté la simplifie parfois. Mais les pièges restent tapis au fond de notre clavier : un tweet peut conduire à une révolution, un commentaire Facebook défaire une carrière.

Sur une linotype ou sur un clavier virtuel de iPad, la vérification et l’intérêt public, mâtinés de ce doute raisonnable, doivent rester les principes de base de notre métier au service de nos concitoyens.

Au terme de mon certificat en journalisme, j’emporte ces principes avec moi. Et je profite de ces lignes pour remercier tous nos professeurs. Dans le meilleur des cas, un professeur enseigne. Les « nôtres » font bien plus que cela : ils transmettent leur passion, leur expérience et leur généreuse obsession de la démocratie. Ils illustrent parfaitement le transfert générationnel. Car à Tunis, à Wall Street ou à l’Université de Montréal, le transfert générationnel réussi est bien celui de la démocratie.

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Publié dans Le Reporter de Novembre 2011, ayant pour thème « Média : le transfert générationnel »

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