Du bois à valeur ajoutée

Publié dans La Presse Affaires le 21 février 2012

Collaboration spéciale, Nathalie Simon

Fini le «bon vieux 2×4» qui a fait les beaux jours de l’entreprise. Aujourd’hui, Les Chantiers Chibougamau conçoivent des produits innovants à empreinte carbone négative, et ambitionnent même de construire l’amphithéâtre de Québec. Alors que Jean Charest veut protéger 50% de la superficie du territoire du Plan Nord, l’entreprise plaide plutôt pour une exploitation productive et responsable de la forêt boréale.

La semaine dernière, les travaux d’installation du plus long pont en bois de portée libre du monde ont débuté à Waswanipi. D’une longueur de 70 mètres, il va donner accès à de nouveaux territoires d’exploitation forestière, et pourra supporter des camions surdimensionnés ainsi que des charges de 160 tonnes. L’exploit technologique fait partie de cette entreprise familiale de 600 personnes, qui a fêté son demi-siècle d’existence l’année dernière.

«On sort de notre couloir de produits forestiers pour s’engager vers une offre globale de services», explique Frédéric Verreault, porte-parole des Chantiers Chibougamau. Pour faire face au déclin de la construction résidentielle en Amérique du Nord, l’entreprise s’est diversifiée sur le marché non résidentiel, en concevant des produits pointus, où l’ingénierie intervient tant dans la conception que dans les procédés de fabrication. Les produits Nordic, en lamellé-collé, inspirés de techniques européennes, offrent des solutions structurales uniques. L’entreprise a investi 10 millions dans une nouvelle usine de fabrication de panneaux de bois lamellé-croisé, pour consolider sa diversification.

Ce savoir-faire lui a permis de réaliser le stade de soccer couvert du PEPS de l’Université Laval en 2011 et de concourir aujourd’hui pour le futur amphithéâtre de Québec. Le Groupe BMR, spécialisé dans la rénovation, inaugure ses trois premiers magasins à structures lamellées-collées des Chantiers Chibougamau.

Le système de plancher en bois d’ingénierie (la poutrelle en I), destiné à la construction résidentielle, reste encore le produit qui génère la plus grande part du chiffre d’affaires de l’entreprise. Le gain de marchés en Ontario et dans l’Ouest canadien a compensé l’effondrement du marché américain.

Les contraintes du Nord-du-Québec, des arbres plus petits et des marchés éloignés ont poussé l’entreprise à valoriser la matière première. Elle a investi dans des robots numériques qui augmentent la rapidité et la précision. Frédéric Verreault envie l’Europe qui, préoccupée par l’empreinte carbone des matériaux et la demande croissante de bois, optimise les parcelles en augmentant la productivité. Il regrette qu’au Québec, on réduise sans cesse la quantité de bois disponible à la fabrication d’un matériau durable, tant on se focalise sur les écosystèmes. L’entreprise se targue d’avoir des procédés très peu énergivores et de produire des matériaux dont l’empreinte carbone est négative.

La communauté crie est engagée dans l’exploitation forestière. Le transport, la récolte et la voirie forestière lui sont confiés. La planification des travaux est établie en fonction des activités de pêche et de chasse.

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