Tous les ports affichent des gains

Illustration Daniel Riopel, La Presse

Publié dans le portfolio La Presse Affaires le 4 avril 2012

Nathalie Simon, collaboration spéciale

Fini le marasme des années 2008-2009, le transport maritime a de nouveau le vent en poupe. Tous les ports annoncent des gains de croissance, les armateurs achètent des navires, et tous, les yeux rivés sur le Nord du Québec, vantent l’aspect écologique de leur industrie.

«Je sens une embellie», s’exclame Nicole Trépanier, présidente de la société de développement économique du Saint-Laurent. Alors que l’on pensait la flotte canadienne vieillissante, «toutes les entreprises sont en mode acquisition de navires», renchérit Martin Fournier, directeur général des Armateurs du Saint-Laurent.

Le secteur sort de la récession de 2009, et profite de l’abolition des droits de douane sur les navires pour acquérir de nouveaux bâtiments. En effet, le 1er octobre 2011, le gouvernement supprimait le droit de douane de 25% sur les navires importés.

Le transporteur NEAS, majoritairement détenu par les Inuits, dessert le Grand Nord depuis le port de Valleyfield; il va acquérir un 6e navire. CSL (Canada Steamship Lines) doit acheter entre quatre et six nouveaux bateaux, adaptés aux conditions fluviales et climatiques. Fednav a annoncé un investissement de 400 millions, comme l’annonçait Presse récemment et la flotte du Groupe Desgagnés s’est enrichie d’une nouvelle génération de cargo à la fine pointe de la technologie. Océanex, spécialisé dans le transport maritime de courte distance (cabotage), a commandé un 4e navire qui entrera en service en 2013, et étudie un projet de développement pour desservir Baie-Comeau et Sept-Îles.

«Beaucoup d’attention est portée au transport de courte distance, et le Plan Nord pourrait l’amplifier», précise Daniel Bélisle, premier vice-président d’Océanex. Nicole Trépanier déplore que le secteur maritime soit absent du Plan Nord, mais espère qu’il sera privilégié à la construction de routes. Le cabotage profite d’une loi qui interdit aux navires étrangers de faire du transport à l’intérieur du Canada.

«Une quinzaine d’armateurs canadiens et quelque 120 navires sillonnent le Saint-Laurent, du Nord aux Grands Lacs pour approvisionner 35 millions d’habitants. À bord, on trouve des conteneurs (produits de consommation), du vrac liquide (produits pétroliers) ou solide (céréales ou minerais), des produits finis ou semi-finis (machinerie pour les mines, acier).

«Notre port municipal est un levier de développement industriel», explique Denis Lapointe, maire de la ville de Salaberry-de-Valleyfield. Le port de cabotage dessert le Nord-du-Québec (de 15 à 20% des activités du port). Ancien président de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent (qui regroupe 80 villes, deux provinces et huit états américains), Denis Lapointe milite pour un approvisionnement de nos villes par barges, bien adaptées au contexte fluvial, pour libérer la route 138, et réduire les rejets de gaz à effet de serre. «Les ports sont au coeur de nos villes, et les bateaux remplacent des dizaines de camions», ajoute-t-il. Le secteur a mis au point une certification environnementale, l’Alliance verte, initiative commune du Canada et des États-Unis et dont bon nombre de ports et de transporteurs se prévalent déjà, permet aux acteurs du transport maritime, sur une base volontaire, d’améliorer leur performance environnementale.

«La Voie maritime, c’est véritablement l’autoroute H2O!», conclut-il.

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