Cochonnailles en famille

Publié dans le portfolio de La Presse Affaires le 30 mai 2012

« On aurait pu être missionnaires! », lance Noëlla. Pourtant, à l’aube de la cinquantaine, c’est une charcuterie artisanale qu’elle ouvre avec son conjoint Didier. En quatre ans, les boudins, pâtés et saucisses des « Trois petits cochons » rencontrent un tel succès que la charcuterie doit emménager prochainement dans des locaux trois fois plus grands à Saint-Hyacinthe.

La demande croissante de produits artisanaux haut de gamme et l’envie d’un nouveau défi ont conduit Noëlla Lussier, mère de cinq enfants et son conjoint Didier Tourret, charcutier, à se lancer en affaires une fois les enfants élevés. « Les trois petits cochons » sont nés. « À 50 ans, on ne fait pas les mêmes erreurs qu’à 20 ans », explique Didier. Noëlla gère les comptes et Didier crée les produits. Une recette gagnante puisque le chiffre d’affaires a quintuplé en quatre ans. Aujourd’hui, avec une dizaine de salariés, la charcuterie a délaissé sa clientèle initiale d’hôtels et de restaurants, pour mettre un pied dans les supermarchés IGA et Métro. Sa certification MAPAQ (Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation) ne lui permet qu’une présence provinciale. Mais Noëlla reste prudente : «  Allons-y un pas après l’autre, la demande est là, les clients nous appellent directement même, mais nous voulons grandir à notre rythme ».

L’entreprise reste familiale et veut d’abord conquérir le Québec. Gérémie Tourret, l’un des fils du couple, gère le dossier MAPAQ, le contrôle qualité, la recherche et développement et les livraisons. Noëlla Lussier veille sur sa famille qu’elle étend à tous ses salariés. « Tous les jours, nous dînons ensemble! » Si l’entreprise doit grossir et compter prochainement 15 salariés, Noëlla Lussier ne souhaite pas dépasser les 25 salariés pour conserver le caractère familial de la charcuterie.
Soucieux de la qualité, Didier Tourret veille à développer des produits maigres, réduits en sel, sans farine et sans eau. Il sélectionne rigoureusement ses fournisseurs, d’autant qu’une partie de sa clientèle, comme les hôpitaux ou les résidences pour personnes âgées, ont des exigences spécifiques.

L’entreprise ne manque pas de projets, tant en développement de nouveaux produits (saucissons secs et jambons crus) qu’en développement de clientèle. Le nouveau lieu de production, qui répond aux normes fédérales américaines HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) et canadiennes PASA (Programme d’amélioration de la salubrité des aliments) qui garantissent la maîtrise de la sécurité sanitaire, devrait permettre à l’entreprise de distribuer ses produits dans l’ensemble du Canada, voire même aux États-Unis. L’ouverture d’un point de vente est même envisagée. Noëlla Lussier projette également d’installer une garderie attenante à la charcuterie car, explique-t-elle: « On est souvent déchiré entre la famille et le travail, et c’est important que nos salariés soient heureux au travail. »

Lien vers La Presse

Nathalie Simon, collaboration spéciale

LA PRESSE

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