Les italo-canadiens privés d’urnes ?

La communauté italienne du Canada est inquiète. Alors que de nouvelles élections se profilent dans la péninsule, le gouvernement Harper aurait déjà manifesté son interdiction de voir se dérouler un scrutin étranger en sol canadien.



« En ce temps des Fêtes, j’aimerais que monsieur Harper ouvre son coeur aux différentes communautés qui font la richesse du Canada », lance Giovanni Rapanà, élu au Conseil Général des Italiens de l’étranger pour Montréal. L’élu italo-canadien plaide pour sa communauté, qui favorise des échanges économiques et culturels entre l’Italie et la Canada.  Dans une lettre ouverte, signée avec les trois autres élus italiens du Canada, il rappelle l’importance de cette communauté qui compte 2 millions de canadiens d’origine italienne.

Le gouvernement Harper s’est déjà opposé à d’autres communautés désireuses d’élire leurs représentants. Les Tunisiens et les Français ont du se replier dans leur ambassade ou au Collège Marie-de-France (territoire tunisien et français) pour procéder aux différents scrutins, et passer outre l’interdiction. Ottawa confirme qu’au nom de la souveraineté du Canada, elle ne souhaite pas être incluse dans une circonscription électorale étrangère.

L’affaire se complique pour les Italiens, qui doivent formellement recueillir l’accord du pays dans lequel se déroule le scrutin. En 2006 et en 2008, cette autorisation avait permis le déroulement du vote. Les États-Unis, l’Australie, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay, le Vénézuela ou l’Afrique du Sud, ou résident d’importantes communautés italiennes, ont autorisé depuis longtemps le scrutin, mais également la candidature des citoyens italiens résidant sur leur sol.

L’Assemblée nationale du Québec a voté une motion cette semaine, pour soutenir la communauté italienne et demander au gouvernement fédéral d’autoriser ces élections législatives.

François Lubrina, élu à l’Assemblée des Français de l’étranger soutient son collègue italien, car « nous avons un devoir de solidarité européenne, et en faisant avancer la cause italienne, nous faisons avancer la cause française » dit-il.

Les élections devraient avoir lieu le 24 février prochain, mais si d’ici là, les italo-canadiens n’infléchissent la décision d’Ottawa, ils pourraient bien être les spectateurs impuissants d’un scrutin important pour l’Italie.

Le reportage vidéo :

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