Les Français du Québec vont revoter

Publié par l‘Outarde libérée, le 15 février 2013

Le Québec va-t-il être de nouveau le terrain d’affrontement de la droite française dans les prochaines semaines ?  L’élection de la députée socialiste des Français d’Amérique du nord vient d’être invalidée par le Conseil Constitutionnel français. À droite, Julien Balkany, Gérard Michon et Frédéric Lefebvre, défait en juin dernier, ont déjà annoncé leur candidature. La gauche devrait avoir des difficultés à conserver cette circonscription, et devra compter sur la visite du Premier Ministre français, Jean-Marc Ayrault au Québec le mois prochain.

Le Conseil Constitutionnel a tranché ce vendredi. L’élection de la première circonscription d’Amérique du nord des Français de l’étranger est invalidée, et la députée Corinne Narassiguin est déclarée inéligible. Les comptes de campagne, vérifiée par l’instance suprême française, n’ont pas été approuvés. La loi française est très stricte, et exige que les candidats ouvrent un seul compte bancaire, en France seulement. Corinne Narassiguin avait ouvert deux comptes bancaires, l’un en France et l’autre aux Etats-Unis.

C’est un coup dur pour la gauche française et cette jeune candidate qui avait arraché cette circonscription réputée de droite, à l’ex-ministre et ami de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre. Élue avec 54% en juin dernier, Corinne Narassiguin avait profité d’une guerre fratricide à droite pour gagner ce siège. Elle s’est récemment illustrée dans le débat qui agite la France depuis quelques semaines : le mariage pour tous.

Le Parti Socialiste français avait gagné ce siège pour des raisons locales, mais également à la faveur de la « vague rose » consécutive à l’élection de François Hollande.

La donne a changé. Le gouvernement français fait face aux difficultés économiques de l’Europe, et a été contraints de revoir les taxes à la hausse. L’intervention au Mali, qui s’éternise, et le débat agité du mariage pour tous, fragilise un gouvernement de gauche aux prises avec une difficile réalité. Au niveau local, la reconfiguration du système de bourses scolaires par les socialistes, pas toujours bien compris sur le terrain, a suscité du mécontentement parmi les Français d’Amérique du nord, qui pourrait bien se traduire dans les urnes.

Le futur candidat du Parti Socialiste (PS) devra faire campagne au milieu de ce tumulte. Le Québec, traditionnellement acquis aux candidats de gauche, sera particulièrement convoitée. La visite au Québec, du premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault, dans la deuxième quinzaine de mars, prendra des allures de campagne électorale.

Le ciel n’est pas pour autant dégagé à droite. En juin dernier, la foultitude de candidats avait conduit à la défaite. La guerre semble se dessiner de nouveau, puisque trois candidats ont déjà annoncé leur candidature : Gérard Michon, élu à l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE) à Los Angeles, Julien Balkany, proche de la famille Sarkozy, à New-York, et Frédéric Lefebvre, ex-ministre du gouvernement Fillion, Conseiller régional d’Ile-de-France, et ex-candidat officiel de l’UMP en juin dernier. Mais la aussi, la donne a changé, car la crise de l’UMP est passée par là et Nicolas Sarkozy n’est plus président de la République. Sa voix avait compté pour imposer Frédéric Lefebvre. Du côté de Julien Balkany, on appelle à éviter « les erreurs de casting » de juin dernier, en pointant du doigt la candidature de Frédéric Lefebvre. On avait reproché au candidat officiel de l’UMP d’être « parachuté » dans cette circonscription américaine.

Aujourd’hui, Jean-François Copé, fragile patron de l’UMP, a besoin d’appuis, même en Amérique du nord. Il sait le « clan Balkany » acquis à sa cause, et pourrait être tenté d’investir Julien Balkany, frère de Patrick Balkany, député des Hauts-de-Seine. De son côté, Frédéric Lefebvre était resté très discret dans la lutte Copé-Fillion. Le paiera-t-il de son investiture ? Il dispose encore de nombreux appuis et de la légitimité du candidat officiel de juin dernier. La toute première bataille va donc se jouer dans les couloirs du parti de l’ex-président Sarkozy (UMP), car celui qui ira au combat avec l’étiquette UMP pourrait bien, cette fois-ci, remporter ce siège dans les semaines qui viennent.

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